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Saint-Malo est une commune de France métropolitaine, située dans le département d'Ille-et-Vilaine (région Bretagne).
Station balnéaire connue pour sa ville close et son rapport à la mer, la ville attire de nombreux touristes, en particulier l'été où elle voit sa population multipliée par 4 pour atteindre plus de 200 000 habitants[citation nécessaire]. Fruit d'une riche histoire maritime, elle demeure un port important (plaisance, commerce et voyageurs) et un centre économique.
Reginca (nom gaulois à l'origine de celui de Rance), située à l'emplacement de la moderne Saint-Servan (cité d'Aleth) à l'embouchure de la Rance, était le principal centre maritime des Coriosolites. Ce peuple armoricain étendait son contrôle sur un territoire allant de la baie de Saint-Brieuc à la baie du Mont Saint-Michel et suivant au sud le cours de l'Oust et de la Vilaine. Il participa à plusieurs alliances gauloises anti-romaines en 56 et 52 av. JC, sans succès.
Pour les contrôler et éviter les liens transmanche avec les peuples bretons alliés aux Gaulois, les Romains imposèrent aux Coriosolites une capitale dans les terres, à Corseul. Un incendie met fin pour l'essentiel à l'occupation du site d'Alet (sauf pour les activités portuaires indispensables qui sont maintenues), au profit de la nouvelle Corseul/Fanum Martis. À la fin du IIIe siècle, l'insécurité générale en Gaule et surtout sur la Manche mena l'administration impériale à fortifier le port d'Alet, qui bénéficiait d'une situation avantageuse en surplomb de 35 mètres au-dessus du niveau de la mer et formant vers l'intérieur de la Rance une anse bien abritée (l'actuel port Solidor). À la fin du IVe siècle (vers l'an 368 ?), un des deux cantonnements de la légion des "Martenses" rejoint Alet (l'autre étant en Germanie à Altrip), selon la Notitia dignitatum. Un préfet militaire y commandait autour de 300 légionnaires. Corseul demeurait cependant le chef-lieu administratif de la cité des Coriosolites. Alet était alors le principal port armoricain de la Manche entre Brest et le Cotentin. De nombreuses traces archéologiques, dont des portions en élévation des murailles du IIIe siècle, en attestent encore de nos jours.
A la même époque, la future Saint-Malo n'était qu'un îlot inhabité, sinon par quelques pêcheurs.
A l'exemple des Bretons, les Armoricains se libèrent de l'administration romaine vers 420, au départ des Martenses. Alet se dépeuple alors fortement, du fait de ce départ et des incursions de pirates Frisons et Saxons qu'elle rendait plus faciles. C'est à ce moment que se place l'immigration bretonne qui se serait faite sur une côte dépeuplée selon les vitae des saints bretons. Cette immigration massive changea la composition ethnique et linguistique de la cité des Coriosolites, mêlant Bretons et Gallo-Romains. Elle perturba l'organisation des cités gallo-romaines au point qu'il n'y eut pas au Ve siècle d'évêché chez les Coriosolites et les Osismes alors qu'il en avait été créé chez les Vénètes Vannes, Namnètes Nantes et Riedones Rennes.
La vita latine de St Malo (MacLeod, Maclaw ou Maclou), composée vers l'an 870 par le diacre Bili à Alet, le fait naître vers l'an 510 à Llancarfan dans le royaume breton de Gwent (au sud de l'actuel Pays de Galles). Filleul et disciple de St Brendan, il le suivit dans ses voyages légendaires aux îles Fortunées. Accompagnant la migration bretonne de la Grande vers la Petite Bretagne, il débarqua à Cézembre (alors avant-port d'Alet) puis rejoignit vers 538 l'ermite breton Aaron sur le rocher sur lequel celui-ci s'était retiré à l'abri des tentations du monde. Cet îlot appelé Canalch (Canalchius insulae) ou rocher d'Aaron, devint le rocher de St Malo à la mort de St Aaron en 541. Malo l'aurait alors quitté pour rejoindre la cité d'Alet à quelques centaines de mètres de là. Il en aurait été élu évêque en 590. Mais entré en conflit avec les Aletins, Malo quitta la ville pour Saintes où il mourut un 15 novembre vers l'an 621. Ses reliques furent translatées en 672 à la cathédrale d'Alet et à l'hermitage de St-Aaron. Lors de l'invasion normande au X° siècle elles furent transportées à Paris puis à Montreuil-sur-Mer avant d'être dispersées.
Historiquement, un siège épiscopal n'est attesté à Alet qu'au VIIIe siècle, avec les évêques Haelocar, Ermor, Iarnwalt, Maen, Salocon, Rethwalatr, Ratuili... Ces noms, tous bretons, indiquent qu'Alet est alors en zone bretonnante.
En 575, le prince domnonéen Judual aurait reconstruit Alet. À la fin du VIIe siècle, le chef breton Cadgualon vint y chercher assistance contre les Saxons, témoignant de l'importance de la ville à cette époque. Au XIIe siècle, le géographe arabe Ibrahim B'Ya'Qub parle du port de "krmalh", ce qui nous indique que le nom de "Ker Malo" commençait à se substituer à celui d'Alet. La ville est pourtant nommée en divers textes "Quidalet", contraction de "Civit(as) Alet". Les assauts normands de 878, 919, 931, 963 ruinèrent la ville durablement, comme en atteste le roman de Brut.
Fut-ce pour cette raison que le dernier évêque d'Alet Jean de Châtillon, dit Jean de la Grille, transféra le siège du diocèse d'Alet vers l'île de Saint-Malo entre 1146 et 1152 ? En tout cas, il y trouva l'église que les moines bénédictins y avaient construit, et la leur prit. On ne sait si l'arrivée de l'évêque précède ou suit la première urbanisation de Saint-Malo.
Alet perdit beaucoup avec ce transfert. Elle devint un quartier de Saint-Servan. Les ruines de sa cathédrale sont encore visibles, à la Cité.
L' évêché de Saint-Malo était l'un des « neuf évêchés » de Bretagne.
Sa position stratégique en fit un objet de conflit entre la Bretagne et la France.
En 1394, le pape Clément VII cède la ville au roi de France Charles VI.
1415 voit le retour de Saint-Malo à la Bretagne.
Elle fut annexée en 1493 par Charles VIII.
Indépendance : le 11 mars 1590, la République de Saint-Malo est proclamée. Elle durera jusqu'en 1594.
En 1601, la Compagnie des marchands de Saint-Malo, Laval et Vitré arme deux navires, le Corbin et le Croissant, qui font une longue escale dans la baie de Saint Augustin à Madagascar. (voir relation de François Pyrard) [1].
Révoltes de 1675 : cette ville est citée pour avoir participé à la Révolte du papier timbré survenue en 1675.
Il est possible d'approfondir ses connaissances sur l'histoire des malouins aux XVIIeme et XVIIeme siécle en se reportant aux deux romans de Bernard Simiot," Ces Messieurs de Saint Malo" et " Le Temps des Carbecs".
La Révolution marqua Saint-Malo, puisqu'après le passage du sinistre Carrier en août 1793, arrive en décembre, Jean-Baptiste Le Carpentier, auréolé de sa défense de Granville contre l'armée vendéenne catholique et royale. L'envoyé de la Convention va faire régner la terreur à "Port-Malo" dont rues, places et portes sont rebaptisées. La guillotine fonctionnera et au total 300 personnes perdirent leur tête de son fait, à Saint-Malo ou à Paris. Le 1er ventôse de l'an II (19 février 1794), il enjoint aux administrateurs du District de presser le maire Moulin de débarrasser la cathédrale, devenue "Temple de la Raison", des "attributs du fanatisme" qu'on y aperçoit encore. L'édifice fût même adjugé pour enlévement des matériaux après démolition. Le Carpentier, grand pourchasseur de curés, assermentés ou non, et pourvoyeur de prisonniers pour le "Mont-Libre", sera, sous la Restauration en 1820, rattrapé par son passé et condamné à la prison au Mont redevenu "Saint-Michel", y chantera les louanges de la famille royale et répondra comme servant à la messe tous les matins !
resource: http://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Malo#Histoire